Cryptomonnaie: Derives et Nouvelles Alternatives

Le sujet défraie la chronique au Cameroun. Depuis le 14 février 2022, la société Global Investment Trading, fondée par Emile parfait SIMB en 2017; plus connue sous l'appellation LYEPLIMAL qui signifie (la pauvreté est terminée en langue bassa) peine à tenir ses engagements. Certains investisseurs parlent de cessation de paiements. Dans sa publication du mercredi 23 février 2022 l'Hebdomadaire Expression Economique titre à sa Une : « Epargne Publique : la République des arnaqueurs ».

Dans sa livraison du jeudi 24 février 2022, le quotidien Mutations titre à sa Une : Cryptomonnaie « l'argent qui fait du bruit. ». Pris à partie, le président Directeur Général de Lyeplimal explique les retards de paiement ». Emile parfait SIMB rassure ses investisseurs dans une interview parue dans les colonnes du journal Mutations du 24 février en page 11. Selon lui, il s'agit d'un dysfonctionnement causé par la mise à jour du système. Pas de panique donc tout doit rentrer dans l'ordre très bientôt.

Mais de quoi parle-t-on ? D'une monnaie virtuelle émise par certaines plateformes issues de la technologie qu'on nomme la blockchain. Les cryptomonnaies sont pour citer la plus connue le BITCOIN des monnaies qui ont des valeurs fluctuantes (à la hausse ou en baisse) en fonction de certains critères et qui peuvent être à tout moment converties par ces plates-formes en devises locales.

Le problème selon Ali BOUGRINE, expert du réseau intégré en conseil juridique et fiscal UGGC Africa reste le contrôle et la traçabilité des mouvements financiers effectués via ces plateformes dédiées à la cryptomonnaie. Nous sommes dans un domaine qui n'est pas totalement règlementé. Il n'existe notamment pas encore dans toutes les zones des agréments pour réguler toutes ces platesformes. Les cryptomonnaies échappent au contrôle de tous les organes de régulation, de contrôle, de tutelle et de traçabilité dans nombreux pays.

En 2017, Lyeplimal engage des opérations de collecte des fonds par appel public dès 2017. Des jeunes consommateurs attachés aux gains spéculatifs investissent des capitaux sans maitriser les risques. En 2020, des plaintes sont enregistrées. Au mois d'octobre 2020, le ministre des finances (Minfi), Louis Paul Motaze, ordonne de « cesser immédiatement ses opérations de collecte illégale des fonds par appel public à l'épargne, avec recours aux annonces et autres publications via divers supports de communication » et de « restituer sans délai de tous les fonds collectés » auprès des opérateurs économiques nationaux et étrangers à travers ces opérations illicites et de lui rendre compte du déroulement de ces remboursements».

La note du Minfi semble avoir été ignorée. Deux ans plus tard (2022), d'importants capitaux ont ainsi été manipulés sans aucun contrôle ; ni réelle traçabilité par les responsables de cette entreprise. A date, Global Investment Trading dispose d'une communauté estimée à plus de 300 000 membres répartis dans 135 pays. Au Cameroun, l'on dénombre environ 20 000 membres. La grogne des «investisseurs» devant le siège de Lyeplimal à Douala le 14 février 2022 a sonné l'alerte. Le gouvernement camerounais doit légiférer et travailler à la mise en place d'un cadre légal avec des agréments qui seraient accordés par des organismes de régulation des plateformes qui traitent des cryptomonnaies. Pour éviter que des personnes attirées par des gains spéculatifs membre de la communauté de Lyeplimal se retrouvent démunis en cas de banqueroute de la plate-forme et ou en cas de détournement des fonds investis.

L'autre solution, c'est le lancement imminent par les banques centrales de leur propre monnaie digitale pour donner une alternative plus sécurisée à ces personnes ou ces consommateurs qui sont en cherche d'innovations et surtout attirés par des attraits de ces monnaies digitales que sont : la fluidité et l'absence de coût associés au transfert de fonds.

Par Irène KALJOP ABENA

DIRECTEUR DE LA PUBLICATION
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